Les débuts de la revue

    La revue Ibla est née en 1937. Auparavant, dans la première " Maison d'Études ", et dès 1928, des brochures avaient été distribuées aux étudiants pour leur faciliter la connaissance du milieu tunisien, de la culture arabe et de la religion musulmane. Elles contiennent des contes, des poésies et des proverbes, ainsi que des conversations. Le tout est traduit en français avec introductions et glossaires. Elles forment deux séries: Les Cahiers Tunisiens et Documents Tunisiens. Les deux dimensions de l'IBLA deviennent claires à partir des années quarante. D'une part formation ou étude. D'autre part relations ou rayonnement non seulement avec les musulmans, élite et masse, mais aussi avec l'élite européenne chrétienne.

    L'instrument privilégié en sera la revue Ibla. Elle commence comme un simple bulletin de liaison polycopié entre les sympathisants européens qui veulent connaître les Tunisiens. Elle sera lue avec attention par les colons qui souhaitent mieux employer leurs ouvriers agricoles et dont certains d'entre eux participent aux mouvements d'Action Catholique. Elle cherche à éclairer et à rapprocher l'élite franco-tunisienne : compréhension du peuple, guide pour des contacts profonds, insertion de morale universelle. Le tirage atteint 2 500 exemplaires en 1944. Une collection parallèle, Le Bled, est basée essentiellement sur l'arabe dialectal.

"Cahiers Tunisiens"

 

 

 

Vers l'indépendance

    Pendant une quinzaine d'années, éditoriaux et articles de tête situent d'emblée le lecteur sur "les grandes routes de la compréhension franco-tunisienne". Il s'agit d'abord de liquider les préjugés, puis de reconnaître les légitimes aspirations des Tunisiens. Cela vaudra à l'équipe la sympathie d'intellectuels pourtant peu proches de l'Eglise, tels que Elie Cohen-Hadri, André Duran-Angliviel ou Charles-André Julien. Dès la libération de Tunis en mai 1943, le problème tunisien est posé avec une acuité nouvelle. L'opinion française accuse les Pères Blancs de l'IBLA non seulement d'avoir étudié l'évolution des Tunisiens, mais de les avoir guidés en leur suggérant des idées qu'eux-mêmes n'avaient pas. Le reproche est évidemment naïf et exagéré. Les Tunisiens n'avaient pas besoin des Pères Blancs pour avoir conscience de leur personnalité. Outre les études d'initiation à la culture arabe, la Revue consacre tout de suite une part importante de ses pages à la documentation pure, en particulier aux articles de périodiques. Cette option reste encore aujourd'hui prioritaire et explique les abonnements des centres de recherche et universités à l'étranger.

 

 

 

Après l'indépendance

Numéro du soixantenaire

    La période après l'indépendance de la Tunisie (1956) est marquée par la décadence du Cercle des Amitiés Tunisiennes qui disparaît en 1964. La revue fait une place plus grande aux problèmes de la Tunisie, à sa "personnalité de base", à la formulation de l'idée de Patrie en Tunisie, à la genèse et à la formation de la conscience nationale. Elle se veut le reflet d'un pays qui fait l'expérience de son indépendance, soucieuse d'être dans l'actualité la plus proche. Dès 1937, les Tunisiens participent à la rédaction du premier numéro de la Revue Ibla. Depuis, ils sont régulièrement associés à des réunions de consultation dont les comptes rendus sont consignés dans les archives de la maison. Cette collaboration devient officielle avec la constitution d'un comité de rédaction en 1977. Aujourd'hui, il est composé de sept collègues universitaires tunisiens (trois hommes et quatre femmes), d'une Sœur Blanche espagnole et de deux Pères Blancs de l'IBLA.

    

 

 

 

La revue aujourd'hui

Ibla est actuellement semestrielle, à raison de 400 pages par an. Les articles sont en français et en arabe, avec une ouverture vers l'anglais. Chaque numéro comporte une partie scientifique : études sur des sujets variés de littérature, d'histoire, de linguistique, sociologie, éducation, Islam… Et une partie documentaire : recensions signées, assez détaillées ; comptes rendus plus succincts ; références tunisiennes, rubrique très importante qui signale tous les documents parus sur la Tunisie dans les six derniers mois et que l'on peut trouver à la bibliothèque ; ouvrages reçus par la revue. En dehors de la revue, Ibla a publié aussi une quarantaine d'études diverses.